Arve et torrents :
violence des eaux !

Les crues en Haute-Savoie, entre le 1er mai et le 4 mai de cette année 2015, ont été exceptionnelles, notamment dans le bas de la vallée de l’Arve (mais aussi pour les Dranses du Chablais, notamment sur St Gingolph ; et les torrents des Aravis ;  et l’Arly, etc.)

Inondations, coulées de boue et mouvements de terrains ont impacté des routes, des habitations, des entreprises.
En bien des endroits, c’est l’équivalent d’un mois de pluie qui est tombé en une seule journée, la conjonction sur l’ensemble du territoire faisant confluer énormément d’eau en basse vallée sur le genevois.

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A Genève, le 2 mai, le débit s’est élevé à 905 m3/s (battant ainsi de 50 m3/s la crue historique de 1968) et encore à 800 m3/s le 4 mai à huit heures du matin.
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La station hydrologique du Bout du Monde donne le relevé du débit, heure par heure, tout au long de l’année: j’avais fait une copie d’écran le 2 mai (cliquez sur l’image pour l’avoir en pdf).

Pour Genève, cette crue est considérée comme une crue centennale !

Il faut dire que le débit de cette rivière a littéralement explosé à Genève, 905m3/s lors du pic de la crue, samedi 2 mai, «contre 120 m3/s en temps normal, à pareille époque», relevait Francis Pasquini, directeur du Service de l’écologie de l’eau (interview dans la Tribune de Genève), qui indiquait qu’on n’était pas passé loin du débordement sur les quais.
Crue centennale : les données à Genève depuis 1904 vont dans ce sens, même si, pour la partie française, il n’est pas certain que l’on soit sur cette hauteur là (une centennale pourrait tutoyer les 1000 m3/s…)
probabilité crues annuelles Geneve

J’ai été très impressionné, sur le terrain français, de la situation au Pont-Neuf à Arthaz, et par les inondations sur Etrembières et Gaillard. Des bouches d’égouts se soulevaient et étaient déplacés avec la pression de l’Arve.
Mais, c’est le 4 mai que le Foron du Chablais-Genevois a aussi fait des siennes et, conjugué à la difficulté d’insertion à la confluence avec l’Arve, à Gaillard, cela a entrainé juste avant une rupture du talus-digue qui a causé des dégâts considérables chez un maraîcher.

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Les médias ont bien couvert les événements, par exemple le Dauphiné-Libéré. (Cliquez pour lire -pdf)

L’état de catastrophe naturelle pour 53 communes a été reconnu le 23 juillet.

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C’est un autre phénomène qui s’est produit lors des orages du 19 juillet, cette fois sur le haut de la vallée.
Lors de multiples réunions de travail avec le SM3A, le transport solide était évoqué à propos de l’Arve. Il est connu que l’on retrouve jusque dans le delta du Rhône, en Méditerranée, les « fines » (particules de terres ou de roches) provenant du Mont-Blanc.
Mais j’avais peine à imaginer des pierres importantes bouger de plusieurs dizaines de mètres dans le cours d’un torrent en quelques secondes…

Et là, le phénomène sur la Griaz a été impressionnant. Vous connaissez tous ce torrent, que l’on croise avant d’arriver à Chamonix, sur la commune des Houches. Il a été canalisé pour passer … par-dessus la route nationale , avant de se jeter dans l’Arve !

La séquence de moins de 3 minutes ci-dessous (Page FaceBook de Jean-Marc Burrati) est saisissante : on voit des rochers bondir, propulsés par la force du torrent !

En complément, vous pouvez aller voir ce reportage de FR3 (ici) où est notamment interviewé Maurice Desailloud qui est aussi au bureau du SM3A.
La quantité de matériaux descendus qu’on y voit est incroyable.
On parle ainsi de laves torrentielles, déplaçant des dizaines de tonnes de rochers.

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Il faut se réjouir que l’ensemble de la gestion de nos rivières ait permis de beaucoup diminuer la vulnérabilité de notre territoire. Et félicitations aux ingénieur(e)s et  techniciens du SM3A pour leur engagement et leurs compétences.