Borly II : (4/4 Fin)

(4).  Annemasse Agglo : Préserver l’équilibre des fonctions et donner ses chances à l’avenir

Les leçons du global
Partout dans le monde sont donc en jeu :
– la disparition de bonnes terres nourricières
– la prédation et l’accaparement des terres
La préservation des terres agricoles de qualité est donc devenue une priorité vitale.
Voir cette carte ci-dessous : « Global map of land quality » (from Blum, W.E.H.and Eswaran H.,Journal of Food Science, 2004) repris de cette page. Ce travail croise la qualité agronomique actuelle  avec la capacité de résilience (possibilité de perdurer ou de se régénérer) soit 9 catégories.
Il apparait que les perspectives de disposer de sols fertiles sont déjà limitées et seront touchées par le réchauffement climatique.
Et en France et en Haute-Savoie
Il est nécessaire de résister à la tentation du bitume :

Sur le territoire français, le nombre de zones d’activités économiques (ZAE) oscillerait entre 24 000 et 32 000, soit 450 000 hectares au total, reflétant ainsi une offre pléthorique et diffuse sur l’ensemble du territoire.

Un article récent du journal Le Monde, présentait la réflexion des métropoles sur l’urbanisme en devenir :

C’est dire le sens de la réflexion à mener…

La question moderne pour l’urbanisation est Comment répondre au «défi des sobriétés »sobriété environnementale et énergétique, sobriété économique et sobriété foncière – dans la « fabrication » de la ville, de l’Agglo.

Il est nécessaire d’être résolument moderne, de se placer dans une vraie politique d’avenir : au-delà de la préservation de l’agriculture et de la biodiversité, le sol est un acteur-clé des territoires et du climat : voir cette explicite video de l’Ademe

Quant à la mise en route d’une politique alimentaire, la question est montante. Des collectivités se fédèrent sur cette question : Voir ici.

Télécharger, par exemple, cette doc « Rennes Ville Vivrière – Scénarios d’autonomie alimentaire pour Rennes Métropole »
Il s’avère ainsi que « les autorités locales sont aussi souvent les mieux placées pour améliorer l’accès à une alimentation saine, par le biais de pratiques dans les domaines de l’aménagement urbain et des marchés publics. D’ailleurs, les conseils de politique alimentaire qui voient le jour dans les municipalités partout en Europe ont déjà commencé à mettre en œuvre des systèmes alimentaires territoriaux durables.» in http://www.fondationecolo.org/blog/politique-alimentaire-pour-l-Europe

Le choix en local : Borly 1 … et Borly 2  !  …  Borly 3 ?!
Le territoire du genevois subit des pressions démographiques et financières difficiles à gérer.
Les aménagements seront-ils soutenables, durables pour le bien-être des habitantes et habitants, parvenant alors à fusionner les énergies dans une identité de territoire ou conduiront-ils à une forme de soumission à l’étalement de la tache urbaine, sans intensité et sans rythme ?
Annemasse Agglo et les élus du bureau cherchent à équilibrer les activités mais le projet actuel dit de « Borly II », au contraire, concourt au déséquilibrage.

– Construire la ville sur la ville, renforcer les centre-bourgs est la logique actuelle.
– Construire

  • le commerce sur le commerce
  • l’artisanat sur l’artisanat
  • l’agriculture à venir sur l’agriculture

ce doit être l’axe fort de lucides politiques publiques.

Il est nécessaire, pour l’artisanat, de reprendre des bâtiments délaissés et travailler la hauteur des nouveaux bâtiments artisanaux avec parking en sous-sol (cf Suisse).
Annemasse Agglo serait mal venue, compte tenu des efforts déjà faits dans de nombreux domaines (mobilité, qualité de l’air, etc), à acquérir une très mauvaise médaille de la bétonisation de l’espace rural.
Il y a une vraie discordance entre le projet de transformation de cet espace en ZAE, certes mentionné dans le SCoT 2007, et l’esprit de ce SCoT  qui avait déjà de bonnes intentions mais qui les infirmait sur cet espace.
Le nouveau SCoT (dans un contexte d’urbanisation bien plus étouffant)  qui est actuellement travaillé par les services et les élus, avec des ateliers d’échanges avec la société civile, devrait être encore plus opposable à ce type de projet.
Alors, appliquons-le dès maintenant, en cohérence temporelle.

Borly II, sans compter les autres zones à combler n’est pas une urgence puisque l’édification de la ZAE est « prévue » sur 10 ans ! Ce n’est pas comparable avec la nécessité de construire une école en 2 ou 3 ans !
De plus, les nombreux espaces restant, des dents creuses en zones d’activités sur Ville-la-Grand, des bâtiments vides sur d’autres territoires de l’Agglo, de la place restant à l’Eculaz (à Reignier, 5 km à vol d’oiseau de Borly) montrent qu’il est urgent de se recadrer en ce domaine.

Les problèmes rencontrés chez nos voisins de St-Julien-en-Genevois sur un projet qui est comparable (artisans dans le domaine de la construction) obligent à de la prudence :

Alternative avec pragmatisme :
Imaginer, élaborer avec associations et citoyens : il est temps d’innover avec ces terres et d’améliorer encore cet espace, par exemple par un Projet Alimentaire Territorial (PAT)

Le PAT est une démarche volontaire co-construite, désormais inscrit à l’article 39 de la loi d’avenir agricole, visant à relocaliser l’économie, l’agriculture et les services, pour s’orienter vers un système agricole et alimentaire respectueux de l’environnement, de la santé et créateur de lien social. C’est un projet global visant à renforcer l’agriculture locale, l’identité culturelle du terroir, la cohésion sociale et la santé des populations.
Ces PAT nécessitent de fortes volontés locales et l’implication des collectivités, particulièrement des intercommunalités. Ils doivent intégrer une stratégie foncière et la capacité d’installations d’agriculteurs pour diversifier la production. Il est donc impératif de savoir préserver nos terres agricoles ici et maintenant, à partir d’une conscience partagée des forts enjeux alimentaires qui en découlent.

Il faut rester dans le pragmatisme : laisser au rural ce qui est rural
Le plus simple, c’est déjà d’adopter le point de vue de la Chambre d’Agriculture qui demande à tout le moins la suspension du projet en attendant la mise au point du SCoT et en y réintégrant le projet agricole de l’Agglo.


Comme l’Agglo a si bien su prendre le virage vers des transports durables, interconnectés et efficaces, elle doit trouver le chemin d’un commerce contrôlé, d’un artisanat reprenant sa place dans les espaces déjà dédiés à cet usage : pour laisser sa place à la nature et à l’agriculture dont les fonctions permettront de conforter la résilience de ce territoire et participeront de la qualité du bien vivre dans notre région.

Les terres de Borly sont nécessaires actuellement pour l’élevage, une partie pourrait être en maraîchage : AMAP, circuit court, virage bio et de proximité, ce ne sont ni les besoins ni les projets qui manquent sur l’agglomération.


Il nous faut augmenter résilience et autonomie alimentaire, sous-dimensionnées dans le genevois français.

La lumière profonde a besoin pour paraître
D’une terre rouée et craquante de nuit

⋅     ­⋅    Yves Bonnefoy

 

 

Borly II : quel bon choix ? (3/4)

(3). L’enjeu agricole et alimentaire

Le projet de nouvelle ZAE sur Borly au détriment de terres agricoles a suscité la désapprobation de l’ensemble des organisations paysannes : FDSEA 74, Confédération Paysanne 74, Coordination rurale 73-74.
Et la Chambre d’Agriculture 74 souhaite que le projet soit repoussé.

Car l’affaiblissement de fermes  qui perdront pour leur élevage des terrains de pâture et d’alimentation (sur le site existant) se conjugue avec la fragilisation des agriculteurs travaillant dans les environs (qui mutualisent avec les exploitants actuels du matériel, échangent l’usage de portions de terrains, etc) ce qui amènerait à aggraver, au-delà des 20 ha, la déprise pour l’agriculture locale.

Et l’évolution possible du site dans l’avenir, avec une part possible de maraîchage qui nécessite moins de surface pour sa rentabilité, se verrait définitivement compromise : en Haute-Savoie, on n’efface pas ses erreurs, on ne  déconstruit pas des bâtiments et on ne dégoudronne pas pour revenir à des terres agricoles !

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Resituons cela du contexte mondial au contexte français, puis de la Haute-Savoie à notre territoire genevois.

Le monde :

 

La population mondiale ne cesse de croître et les terrains nourriciers de disparaître… Terrible croisement des courbes que ne pourra solutionner une agriculture qui serait totalement shootée aux intrants, mécanisée et pesticidée à outrance.

 

 

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La Chine, une illustration :
J’avais évoqué en conseil communautaire, lors d’un débat « Borly 2 », l’ampleur des démarches chinoises dans le monde entier par rapport aux terrains agricoles. Cela se comprend mieux en terme de besoins avec ce graphique :

De plus la Chine travaille à faire évoluer une partie de ses terres agricoles qui sont dans certains territoires épuisés ou très pollués.
La Chine achète des terrains dans de nombreuses régions : Europe de l’Est, Chili, Brésil,  Afrique (Sénégal, Zambie, Madagascar, etc),  USA (Texas, Caroline du Nord,…),  Australie (1% du territoire !), …
En France, l’achat de terres agricoles dans l’Allier (en contournant la SAFER) a récemment fait l’objet de nombreux reportages. La faille juridique n’est toujours pas comblé.

Qu’est-ce que la Chine, le pays qui est en train de prendre la tête du monde en terme de développement économique, est en train de nous dire ?
Que les terres agricoles sont essentielles, indispensables de son point de vue à sa survie en tant que pays et pour ses habitants.
Quitte à aller prédater d’autres pays et personnes. Pour elle «L’équation est simple: la Chine compte 20 % de la population mondiale et dispose de moins de 10 % des terres arables pour la nourrir»

Voilà le contexte, la donnée de fond. Le sol est une ressource limitée, fragile et en régression forte dans tous les pays. De plus des surfaces importantes sont polluées, inaptes à l’usage alimentaire.

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France :

 

 

 

 

 

 

Bilan 2016 paru en mai 2017 dans Le Monde :
La FNSafer a constaté, l’an dernier, un bond de 22 % des ventes de biens en vue de l’extension de villes ou de bourgs. Elle estime que la surface de foncier agricole consommée par l’urbanisation en 2016 a atteint 30 000 hectares. En tenant compte des projets d’infrastructures, le total des sols artificialisés serait compris entre 50 000 et 60 000 hectares. A ce rythme, que la France n’avait pas connu depuis le début des années 2000, l’équivalent de la surface agricole d’un département disparaîtrait tous les cinq à six ans.

« Il y a 30 ans, on était autosuffisants, aujourd’hui, on importe 40% de nos fruits et légumes », alerte Raymond Girardi, vice-président du Modef (voir oct 2017 journal Sud-Ouest )

Quand il est évoqué des terres de coteau voire d’alpage, on ne prend pas assez en compte la qualité des sols : en montagne, souvent seul l’élevage est permis, mais ces terres d’alpage nécessitent d’autres terres en terrain de vallée.
Ailleurs, les sols agronomiques se raréfient, les villes étant construites près de bonnes terres servant autrefois de ceintures maraîchères qui sont maintenant les zones de frottement de la tache urbaine, la dévoreuse tache urbaine qui s’étend.
Un réseau de mesure de la qualité des sols (RMQS) existe qui pourrait donner d’utiles indicateurs aux documents d’urbanisme :
https://www.gissol.fr/le-gis/programmes/rmqs-34

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Haute-Savoie :
La terre, sans laquelle n’existe aucune activité, est devenue excessivement chère dans notre département :

 

 

Les artisans ont raison de se plaindre de la cherté des terrains et bâtiments disponibles.
Mais que dire de la situation des agriculteurs ? D’autant que, de plus en plus, les jeunes désireux de s’installer ne sont pas de milieu d’origine paysanne, sont certes munis de vastes compétences et de volontarisme, mais n’ont ni terrains à louer ni bâtiments agricoles en héritage.
Des outils se développent pour garder une activité avec l’appui des collectivités

 

Or, les zones agricoles sont des zones économiques à part entière !

 

Grand Genève, la situation agricole :

Des études ont été menées sur la situation de l’agriculture dans le Grand Genève, tant du côté suisse que de la zone haut-savoyarde et gessienne.
Canton de Genève :
– Production maraîchère
« Si la totalité de la production maraîchère genevoise était consommée sur place, elle nourrirait 64% de la population. Il sied toutefois de relever que les calculs présentent des résultats globaux répartis sur l’année, les aspects de saisonnalité n’étant pas pris en compte. Si la production de légumes est naturellement plus élevée en saison estivale que durant l’hiver, la demande des consommateurs est en revanche relativement constante toute l’année. »

24.05.18 – Agriculture à Genève en 2017 : baisse du nombre d’exploitations, mais hausse de celui des emplois
En 2017, 382 exploitations agricoles sont établies dans le canton de Genève, soit sept de moins qu’en 2016. En revanche, le nombre d’emplois est en hausse de 6 %, passant de 1 713 à 1 811. Un peu plus du tiers des emplois sont à temps partiel.

La surface agricole utile (SAU) s’établit à 11 249 hectares en 2017 (y compris 1 248 hectares cultivés en France voisine), contre 11 227 hectares en 2016. La surface moyenne se monte ainsi à 29,4 hectares par exploitation (28,9 en 2016).

Des retours de zones à bâtir en zone agricole ont été effectués par le canton de Calvin ou sont maintenant engagés. (Il y a quelques temps, Berne avait interpellé les services d’Antonio Hodgers concernant le manque de terres agricoles préservées par rapport à leur mise à l’urbanisation). La réglementation suisse oblige à préserver minutieusement un quota de terres nourricières.

Genevois français :

Le canton de Genève, la Genève internationale, a ainsi une proportion plus importante de terres agricoles que la partie française (qui ne peut guère convertir -tant mieux- ses espaces naturels et souvent forestiers en bonnes terres maraîchères : Voirons, Salève en grande partie, Vuache) !
Sans compter qu’une partie de la production (lait et légumes, relevant de la zone franche et du label Swissness) est vendue pour les consommateurs genevois ! Nous sommes très loin de pouvoir alimenter la moitié de la population, même par troc (du reblochon contre des oignons ou des potirons…) 😊
– Des liens pour vérifier les infos :
http://ge.ch/agriculture/media/agriculture/files/fichiers/documents/plaquette_metabolisme.pdf
https://www.ge.ch/statistique/domaines/apercu.asp?dom=07_02
http://www.grand-geneve.org/sites/default/files/chiffres_du_mois/chiffre-grandgeneve-decembre.pdf
http://www.grand-geneve.org/chiffre-du-mois/35-du-grand-geneve-en-zone-agricole

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Conclusions agricoles et nourrissantes pour notre territoire  :
– Permettre le maintien de terres nécessaires à l’élevage sur nos communes
– Garder leur potentiel écologique (cf article précédent)
– Améliorer la qualité des sols et la diversité des espaces, préparer des évolutions possibles pour certaines parties, en maraîchage par exemple.

 

Borly II : quel bon choix ? (2/4)

(2).   Un désert ?

Je peux comprendre que chacun n’ait pas la même sensibilité sur les questions environnementales. Mais je fus stupéfait, lors d’une réunion de travail sur « Borly 2 », d’entendre un technicien de la MED (Maison de l’Economie et du Développement) : il proclama à deux reprises que cet endroit était un désert.
Interloqué, je n’ai pu que lui répondre que nous n’avions pas la même conception-représentation du désert … !


Borly « 2 » actuel

« Ceci est un désert »

Borly 1 actuel

« Ceci n’est pas un désert »

Cliquez sur l’image pour agrandir

 

En effet, pour certains, si ce n’est pas bâti, c’est du vide, c’est-à-dire, RIEN !

Considérer le sol
Il y a toute ce qui est présent en surface mais, dans un sol, la quantité d’êtres vivants est importante. C’est ce qui est nommée la biomasse.

 

J’aime ces propos de Jean François Doretier, fondateur et directeur de la revue Sciences Humaines, à lire ici : L’Univers est en nous, sur l’eau qui compose 65% de notre corps et sur notre constitution par les atomes d’hydrogène issus du bing-bang, les atomes de carbone, d’oxygène, calcium, magnésium, … qui nous viennent d’étoiles. Nous n’existons, en tant qu’espèce, que par les plantes et les animaux qui nous entourent ou nous ont précédés.
Et j’ai appris la différence autotrophes ≠ hétérotrophes.

Je l’expliquai dans des articles précédents, le sol vivant (pas goudronné-bétonné…) a des fonctions biologiques et écologiques fondamentales.

Les sols alpins ont 150’000 ans, ils sont apparus après la dernière glaciation. « Récents », il leur a fallu des millénaires pour se constituer.
Quand ils ont une épaisseur de terre agraire, il aura fallu au moins 2000 ans pour en constituer 10 cm d’épaisseur ! C’est donc précieux, et on ne peut détruire des hectares avec légèreté.
Il est regrettable que dans les documents d’urbanisme, il n’y ait pas une approche patrimoniale en considérant la qualité des sols, par la prise en compte d’indicateurs précis qui aideraient à des décisions plus ajustées.

Le projet dit de ‘Borly 2’ date dans ses principes politiques d’un vieux monde… Des lois successives ont modifié la règlementation sur ce type de projet. Loi Grenelle 1 et 2, loi de Transition écologique et sur la biodiversité.
Des principes d’actions sont renforcés (depuis 2016 par la loi pour la reconquête de la biodiversité) concernant la démarche ERC : quant un aménageur décide d’un projet qui impacte les milieux ou l’environnement
– peut-il Eviter de faire ce projet
– peut-il Réduire l’emprise du projet,
– peut-il Compenser ce qu’il enlève à l’environnement en améliorant à un autre endroit des espaces naturels ou agricoles

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Une étude d’impact (obligatoire et diligentée par AAglo) a été rendue en juin 2017 (je n’en ai eu connaissance que par sa mise en ligne pour cette enquête publique). Soit 358 pages, riches sur l’état des connaissances sur la flore, la faune et l’aspect environnemental de ce site à l’arrière de Borly. L’inventaire des espèces sur le site note la présence du putois ( Mustela putorius, le Putois est menacé en région Rhône Alpes) et indique notamment :
– Oiseaux :

L’étude mentionne les enjeux : « Destruction possible d’individus, Destruction d’habitats de repos pour les passereaux migrateurs, Destruction d’habitats de reproduction pour les oiseaux de milieux ouverts et pour les oiseaux forestiers. »

Chauve-souris (chyroptères) :
Voilà un « désert » bien peuplé … Par des animaux protégés, dont les habitats doivent être préservés avec un statut de vigilance particulière.

 

 

Une carte de l’étude donne ainsi les zones d’enjeux et conduirait à beaucoup réduire la zone ou à trouver des hectares de compensation.

 

 

– Corridor écologique : identifié le long de la Noue, rivière se jetant dans la Menoge, ce corridor doit permettre le passage de la petite faune entre le Bois de Rosse et la Menoge (corridor répertoriée SRCE)
L’étude d’impact mentionne que  » La mise en place de bâtiments va rétrécir le corridor écologique. »
Ce 11 juin, la carte nationale des réservoirs et des corridors a été mise en ligne sur le site du MNH


– Gestion de l’eau :

La Menoge en bas, la rivière Noue en lisière du site et la présence importante d’eau sur ces bons terrains obligent à réfléchir à l’impact sur le cycle de l’eau. Bétonné et goudronné, cet espace subirait bien sûr un impact : « Il peut cependant avoir des incidences indirectes notamment sur le ruisseau de la Menoge et sur les crues (p 170). L’accroissement des surfaces imperméables aura un impact négatif.  » (Il est d’ailleurs mentionné un aléa Eau sur le projet en phase construction)

Cette vidéo montre les enjeux liés à la désimperméabilisation des sols :
https://youtu.be/Dg0yMCMzi8s
L’artificialisation des terres agricoles imperméabilise plusieurs dizaines de milliers d’hectares chaque année en France. Chaque minute, ce sont environ 1000 m² de terres généralement agricoles qui sont recouvertes sous du bitume ou du béton !

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L’Avis de l’Autorité Environnementale :
Il est téléchargeable dans les documents de l’enquête publique. (12 pages)
P 10 :
« Sur la forme, la démarche consistant à éviter puis réduire et dans un troisième temps, compenser les effets résiduels ( dite « séquence ERC ») n’apparaît pas clairement. En effet, par exemple, il aurait été fortement souhaitable que les impacts résiduels du projet après application des mesures d’évitement et de réduction soient présentés avant d’énoncer les mesures de compensation. »
« Sur le fond, la séquence ERC amène les remarques suivantes. Les mesures d’évitement présentées concernent uniquement la phase travaux. Aucune mesure d’évitement n’est présentée en ce qui concerne la conception du projet. Par exemple, certains milieux pourraient être conservés à l’intérieur des lots et entre ceux-ci. Comme présenté, le projet ne semble conserver qu’un seul espace naturel ouvert, au niveau du bassin de rétention au Nord-Ouest du site. Des haies seront conservées en bordure du site (cette mesure est classée dans les mesures de réduction et non d’évitement) mais le document ne précise pas si d’autres milieux seront préservés à l’intérieur du site, en particulier au vu des enjeux liés à la biodiversité, identifiés comme forts.
 »
« Les mesures compensatoires concernent la destruction des terres agricoles et l’imperméabilisation des sols. L’étude d’impact présente les différents axes étudiés par l’agglomération d’Annemasse pour conserver des zones agricoles sur son territoire: il ne s’agit pas à proprement parler de mesures compensatoires. »
p 12 :
« Les continuités écologiques au sein de la zone ne sont pas du tout présentées alors que l’orientation d’aménagement et de programmation relative à cette zone en prévoit. Malgré un enjeu fort identifié en terme de biodiversité avec une diversité d’habitats et d’espèces, le dossier ne présente pas clairement les impacts, en particulier des aménagements au cœur de la zone. Il est ainsi difficile d’apprécier pleinement la qualité du projet au regard de la prise en compte de la biodiversité. »

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On l’a vu ci-dessus, les rapports règlementaires soulèvent des questions fondamentales concernant la modification totale de l’état actuel du site.

L’usage des sols est essentiel pour la biodiversité comme l’indiquent nombre de recherches. L’institutionnelle Fondation pour la Recherche et la Biodiversité a un site ressource remarquable sur le sujet (1 exemple récent : une recherche de l’INRA )

Elle représente la section française de l’IPBES. Le rapport récent de l’IPBES (qui est pour la biodiversité l’équivalent du GIEC pour le climat) : « L’érosion continue de la vie sauvage met en danger les conditions de vie des populations  » alertent les experts mondiaux de l’IPBES. Le journal ‘Le Monde’ (23-03-2018) reprend des passages du rapport  : Partout sur la planète, le déclin de la biodiversité se poursuit, « réduisant considérablement la capacité de la nature à contribuer au bien-être des populations ». Ne pas agir pour stopper et inverser ce processus, c’est mettre en péril « non seulement l’avenir que nous voulons, mais aussi les vies que nous menons actuellement »


Pas à pas, l’Homme, attaque les propres conditions de sa survie.
« La biodiversité et les contributions apportées par la nature aux populations semblent, pour beaucoup, éloignées de nos vies quotidiennes. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, observe le président de l’IPBES, le Britannique Robert Watson. Elles sont le socle de notre alimentation, de notre eau pure et de notre énergie. Elles sont au cœur non seulement de notre survie, mais aussi de nos cultures, de nos identités et de notre joie de vivre. »

 

Borly II : quel bon choix ? (1/4)

 

(1).   « Borly2 », ne pas mettre l’artisanat en opposition à l’agriculture

Je reprends ce blogue [quelle coupure…2016 !] pour clore un cycle d’articles (voir les deux précédents) sur l’agriculture et les sols. J’ai beaucoup évolué dans ma relation avec ces questions. Haut-savoyard, petit-fils (/mère) d’un forgeron qui travaillait pour les agriculteurs, neveu (/père)  d’un agriculteur-cafetier, j’ai eu un contact dès l’enfance avec le monde agricole. Mais c’est une évolution plus récente via une réflexion sur la nourriture, un cheminement via les Amap, une volonté de garder en fermage agricole quelques terrains d’héritage familial qui m’a amené à creuser plus encore ce sujet.

Je veux m’attacher ici (cet article est en 4 parties) à un cas local, la zone dite « Borly 2 », qui fait l’objet d’un ancien projet de l’Agglomération d’Annemasse pour transformer 20 hectares agricoles en zone artisanale (dénommée « Borly II » en contiguïté de la zone Borly I) avec aussi des logements prévus en lisière est.

Emplacement du projet de ZAE Borly 2 (cliquer pour agrandir)
La zone est ici entourée en rouge (elle semble figurer une tête de chien, oreilles dressées …). Cette zone n’est souvent pas connue, située en arrière de la façade de Borly 1 depuis la route Vétraz-Bonne.

J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises en conseil communautaire dès 2015, puis en 2016 et 2017 de questionner le bureau communautaire d’Annemasse Agglo sur la pertinence d’un tel projet. J’ai rencontré (2015) monsieur le maire de Cranves-Sales qui a bien voulu me consacrer un temps d’échange, et aussi des techniciens de l’Agglo pour mieux comprendre « l’intérêt » du projet et la capacité de préservation d’un corridor écologique clairement identifié (Bois de Rosses Menoge)

Je suis aussi revenu lors de plusieurs commissions sur la destination de cet espace de « Borly 2 ».

Quel est l’enjeu ?

Il s’agit de terres agricoles qui sont plates et intéressantes pour l’agronomie, c’est-à-dire des qualités devenant rares en Haute-Savoie.

Un Collectif Alimentaire pour un Borly Autrement, le CABA (lien), s’est constitué qui a avancé un large argumentaire en faveur de la préservation agricole de ces terrains. Un travail constructif d’un projet a d’ailleurs été mené.
Le Caba a envoyé, fin décembre 2017, via l’Agglomération qui a fait suivre aux conseillers communautaires, un exposé de 4 pages et il a demandé à chaque élu de lui faire une réponse.

Le bureau du Conseil Communautaire a su engager une discussion (2 rencontres à ma connaissance) avec les responsables du CABA .
Pour ma part, je suis allé discuter plusieurs fois avec eux et encore ce samedi 26 mai 2018 lors de la journée naturaliste du CABA.

Bien qu’ayant déjà argumenté dans les instances d’Annemasse Agglomération et montré que je ne soutenais pas le projet actuel du bureau des élus de l’Agglo (avec qui je partage 98% des décisions par ailleurs !) j’ai estimé nécessaire de donner une réponse globale au questionnaire et de la faire ici, sur ce blogue, le sujet étant dans le débat public général.

Le dossier Borly 2 est à l’enquête publique jusqu’au vendredi 15 juin 2018. LIEN

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Les élus sont partis de données d’il y a plus de 10 ans  : le SCoT (Schéma de Cohérence Territoriale, qui planifie, à l’échelle des 12 communes, un zonage par fonction) date de 2007, et fut travaillé antérieurement…  Le monde a changé, les pressions sur notre territoire aussi et les urgences plus encore…
Ils œuvrent à ce qu’ils estiment devoir porter pour maintenir efficace un territoire de plus de 90’000 habitants qui doit couvrir ses besoins, avoir une potentialité économique ne reposant pas que sur l’économie genevoise. Des artisans peinent, au prix du foncier tiré vers les sommets par le commerce, à trouver des emplacements disponibles pour une installation.

Cependant, pour ma part, le constat est clair :
– Borly fait partie de ces zones de frottement, de frictions, entre zone urbaine et espace naturels et agricoles. La pression à bâtir toujours plus du logement dans un territoire qui explose démographiquement est constante mais c’est aussi sur l’aspect commercial : le pouvoir d’achat des genevois joint à celui des français transfrontaliers a boosté une demande considérable de l’ensemble des enseignes nationales et internationales pour s’implanter et s’étendre ici. (à titre d’illustration, le Mac-Do d’Etrembières a le plus gros chiffre d’affaires de cette chaîne en Rhône-Alpes…)

Il s’agit de trouver la lucidité vitale de l’analyse politique dans cet espace champignon, où logements et commerces viennent perturber les équilibres socio-environnementaux d’un territoire soumis aux choix économiques de la métropole genevoise

Regarde les artisans et les usines tomber …
La pression genevoise, l’emballement démographique que chacun mesure et l’explosion de grandes surfaces commerciales : du pays de Gex au territoire de St-Julien (Neydens) et sur Annemasse, c’est la course aux supers, hypers et autres « drive »…
Regardons la zone artisanale d’Annemasse Ville-la-Grand (malheureusement mal calée juridiquement, elle n’aurait dû permettre que l’installation d’artisans, de garages, et magasins où l’on ne va que quelquefois dans l’année : outillages, ameublement, vêtements, appareils ménagers, …) : c’est devenu le ‘bazar’, on y trouve de tout, beaucoup de commerces alimentaires et même des bowlings, terrains de loisirs et autres. Les artisans n’arrivent plus à acheter-louer des terrains ou bâtiments à un prix raisonnable. On a vu tomber, en 12 ans, nombre d’usines ou d’entreprises artisanales. Au final, on va faire payer à l’agriculture, en bout de chaîne économique et financière, les besoins d’espace et la flambée des prix du terrain en cette zone frontalière.
C’est politiquement une erreur que, par un tel projet en 2018, mettre l’artisanat en opposition à l’agriculture alors que la problématique est ailleurs.
Une illustration symptomatique : l’usine Cuenod a été naguère remplacée par Leclerc (lien)

Conforter et renforcer l’usage actuel des terrains apparait comme une priorité :
La question agricole et alimentaire est un sujet grandissant, en Haute-Savoie, en France et dans le monde. J’y reviendrai plus en détail.

L’aspect biodiversité est aussi essentiel : il s’agit du défi majeur du Vivant, avec la question du réchauffement climatique. Il n’est pas possible de transiger sur ces sujets, du local au global, les choix essentiels sont à faire en conscience.
Un corridor écologique est répertorié réglementairement (au Schéma Régional de Cohérence Ecologique, SRCE, c’est-à-dire identifié clairement au niveau de la région Auvergne-Rhône-Alpes). L’enquête  et le rapport de l’autorité environnementale jointe aux documents de l’enquête publique, sont des textes forts et dont il ne pourra être fait abstraction. J’y viens dans l’article suivant.

Voici faite par une structure officielle, une video ‘time-lapse’ de la bétonisation des sols de l’Agglo sur 55 ans :

 

Appel du sol

En complément de mon article précédent, je relaie cet appel que j’ai découvert, lancé par France Nature Environnement (FNE) et bien d’autres organisations : l’appel du sol.

Il s’agit d’une démarche de pétition citoyenne, lancée sur l’Europe. Il faudra du temps pour la faire aboutir, des mois. C’est une vraie pétition (il faut donner son numéro de carte d’identité, pour être clairement identifié), ce n’est pas un de ces appels à signature rituels et sans portée qui fleurissent quotidiennement

La question soulevée est essentielle.
https://www.lappeldusol.fr/

Sur ce site dédié, on peut y lire une intéressante suite dessinée de facture naïve mais bien explicative.
J’en tire ici deux dessins :

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Comme mentionné sur le site :
Aidez-nous à obtenir le maximum d’impact avec cette Initiative Citoyenne (nous avons besoin d’1 million de signatures en Europe) : partagez-la avec amis et famille !

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Les sols, un enjeu considérable : ici, en montagne et partout

jms2Ce 5 décembre est la journée mondiale des sols .
Un sol, c’est quelque chose qui paraît immuable, solide, établi, durable et constant…
Or, en moyenne, les spécialistes considèrent qu’un siècle est nécessaire à la formation d’un centimètre d’humus ! Notre terre agricole est donc le résultat d’un processus de formation du sol qui a pu s’étendre de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’années…sol
C’est finalement une fine couche organique qui est essentielle pour notre survie sur la planète et d’abord le support de notre alimentation. Les sols permettent aussi d’absorber et de filtrer l’eau, de stocker beaucoup de carbone (lutte contre l’effet de serre) et constituent l’habitat de 80% de la biomasse vivante.

Sols de plaine
On détruit constamment des hectares de sols fertiles souvent pour quelques maisons mitant l’espace et aussi pour d’infâmes centres commerciaux jetant des milliers de voitures dans d’infernaux aller-retours polluants.
La Haute-Savoie gâchait encore récemment plus de 700 ha agricoles chaque année ! Sous la pression d’agriculteurs et d’associatifs conscients de la disparition rapide de ces bonnes terres, le rythme s’est ralenti autour de 450 ha perdus annuellement : Conseil Départemental, communes et collectivités diverses via les SCOT (Schéma de COhérence Territoriale) ont ralenti cette destruction.
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Land Art : belle exposition à Machilly

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Depuis 6 ans, lors du week-end de l’équinoxe de septembre, le festival « Couleur(s) d’Automne » s’installe autour du Lac de Machilly. Sa thématique veut valoriser le végétal et le vivant. Ce sont des stands, des expositions, un marché aux plantes, des animations et des conférences sur des questions touchant à la Nature.

Et, autour du lac, les organisateurs mettent en scène publique une exposition de LandArt, l’Art de la Terre (cette Pacha Mama, que vénèrent les sud-américains qui ne sont pas complètement monothéistes…).
Si, en Haute-Savoie, la ferme de Chosal est labellisée Pôle Land Art Départemental, le festival de Machilly, une fois de plus, m’a ravi par la qualité des œuvres présentées.

Les artistes conçoivent leur création avec le plus souvent des matériaux de la nature (branches, pierres, sable, rocher…) qu’ils l’enrichissent par des objets artisanaux (ficelles, cordages,…) ou manufacturés (poteaux, câbles, tissus, jouets, etc) et portent un message qui plusieurs fois m’a touché.
Le tout dans un écrin extérieur, de grande qualité entre le ruisseau du Coudray et la rivière du Foron.

Cet Art éphémère, par son accessibilité immédiate (un petit texte présente chaque œuvre) et sa sensibilité écologique est un vecteur de réflexions et d’émotions pour un très large public.
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Le jour du « dépassement »

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Le jour 2014 du dépassement approche.
Vers la mi-août, nous atteindrons la date où l’humanité a épuisé le budget de la nature pour l’année. Pour le reste de l’année, nous allons aggraver notre déficit écologique en puisant dans les stocks de nos ressources et en continuant d’accumuler du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
Cet indicateur a été créé par un réseau d’associations et de scientifiques, le Global Footprint Network (Réseau de l’empreinte écologique globale) : il mesure ainsi la demande de l’humanité face à l’offre des ressources naturelles et des services écologiques renouvelables.
Et ces données donnent d’autant plus à réfléchir que la date est de plus en plus précoce, année après année.

Ce réseau associatif précise :

« Pendant la majeure partie de l’histoire, l’humanité a utilisé les ressources de la nature pour construire des villes et des routes, pour fournir de la nourriture et créer des produits. La nature arrivait à absorber nos dioxydes de carbone, c’était bien intégré dans "le budget de la Terre ".
Mais au milieu des années 1970, nous avons franchi un seuil critique : la consommation humaine a commencé à dépasser ce que la planète pourrait reproduire. »

Selon les calculs de Global Footprint Network, notre demande de ressources et des services écologiques a, depuis 2008, un rythme moyen équivalent à celui de plus de 1,5 planète Terre.
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Annemasse construit-elle un pigeonnier?

En se promenant vers la rue de Château Rouge, il est loisible de voir un bel hôtel à pigeons.

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– Cela ressemble à un pigeonnier,

– Cela a les les cellules d’un pigeonnier,

– Cela a la fréquentation d’un pigeonnier,

 

Mais c’est autre chose ! (voir la note en bas de page)

 

Annemasse avait envisagé en 2009 d’installer un pigeonnier pour lutter contre un risque d’expansion de la population colombine de notre cité et des nuisances qui en découlent.
Il était même envisagé, à l’instar d’autres villes, ce schéma pro-actif  :
1./ on construit un beau pigeonnier ; 2./ on appâte nos pigeons en divers endroits, en mode Petit Poucet, par d’appétissantes nourritures, créant des cheminements irrésistibles amenant vers le nouveau palais ; 3./ une fois nos pigeons bien installés, on leur amène, matin, midi et soir, de la nourriture super pilulée en contraceptifs ; 4./ nos volatiles, qui croyaient agrandir leur famille, se retrouvent pigeonnés.

Mais, les retours d’expérience montrent que les oiseaux ne s’installent pas tous massivement dans leur demeure colombine. Et qu’en plus, ils ne sont pas forcément sensibles au dosage hormonal ; profitant de leur toute nouvelle nursery, ils y font parfois de belles couvées

La commune d’Annemasse, avant toute action, avait donc consulté une association spécialisée, l’AERHO.
Au terme de l’étude et de la discussion avec la personne qui avait réalisé un diagnostic sur tout notre territoire, il était apparu aux élus que la population colombine y était finalement plutôt stable.
Et à part quelques très rares endroits à aménager pour faire déménager ces oiseaux, cela pouvait bien se passer.
– Quand ils vivent « normalement », les pigeons cherchent leur nourriture et s’auto-régulent en terme de reproduction. Ils peuvent se limiter chaque année à une portée (plutôt deux) de 2 œufs . Sachant que les chats aiment beaucoup les pigeons, que la vie est pleine de dangers 😉  , on ne va pas vers un accroissement colombin.
– Mais s’ils sont nourris et ne doivent plus chercher leurs quignons quotidiens qui leur sont livrés quasi à domicile (Allo ?  Non, mais allo quoi ? Pas de pain sec ?), nos bisets croissent et se multiplient. Ils n’en fichent pas une rame et peuvent alors avoir plusieurs portées dans l’année, allez, mettons 4 pigeonneaux survivants.

Imaginons : Continuer la lecture

« Des abeilles et des hommes »

J’ai eu un vrai choc intellectuel, et même émotionnel, en regardant ce film de Markus Imhoof (titre en anglais : « More than Honey »).

J’étais certes au premier rang, devant l’écran du Ciné Actuel (salle archi-pleine). Accompagner dans leur vol des abeilles, de la dimension d’un homme, sur un écran tout proche n’est pas sans perturber les représentations …

6a00d8341c676f53ef017ee8a9cc7f970d-800wiMais c’est surtout la remarquable construction du film qui permet de faire un point sur le rôle des abeilles dans notre société.
Pas d’aspect pédagogique laborieux dans ce documentaire exceptionnel, je suis certain que chacune et chacun peut être touché par ce film qui passe de la montagne suisse à la Californie, la Chine et l’Australie.

J’ai apprécié aussi l’illustration de ce qu’il est convenu d’appeler les services écosystémiques en écologie : non seulement la préservation et même l’amélioration de la qualité de l’environnement est bonne philosophiquement, culturellement, esthétiquement, pour les êtres humains. Mais elle a d’abord une fonction économique irremplaçable !  « Bien plus que le miel », le titre anglais, c’est expliquer Continuer la lecture