Appel du sol

En complément de mon article précédent, je relaie cet appel que j’ai découvert, lancé par France Nature Environnement (FNE) et bien d’autres organisations : l’appel du sol.

Il s’agit d’une démarche de pétition citoyenne, lancée sur l’Europe. Il faudra du temps pour la faire aboutir, des mois. C’est une vraie pétition (il faut donner son numéro de carte d’identité, pour être clairement identifié), ce n’est pas un de ces appels à signature rituels et sans portée qui fleurissent quotidiennement

La question soulevée est essentielle.
https://www.lappeldusol.fr/

Sur ce site dédié, on peut y lire une intéressante suite dessinée de facture naïve mais bien explicative.
J’en tire ici deux dessins :

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Comme mentionné sur le site :
Aidez-nous à obtenir le maximum d’impact avec cette Initiative Citoyenne (nous avons besoin d’1 million de signatures en Europe) : partagez-la avec vos ami.e.s et votre famille !

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Les sols, un enjeu considérable : ici, en montagne et partout

jms2Ce 5 décembre est la journée mondiale des sols .
Un sol, c’est quelque chose qui paraît immuable, solide, établi, durable et constant…
Or, en moyenne, les spécialistes considèrent qu’un siècle est nécessaire à la formation d’un centimètre d’humus ! Notre terre agricole est donc le résultat d’un processus de formation du sol qui a pu s’étendre de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’années…sol
C’est finalement une fine couche organique qui est essentielle pour notre survie sur la planète et d’abord le support de notre alimentation. Les sols permettent aussi d’absorber et de filtrer l’eau, de stocker beaucoup de carbone (lutte contre l’effet de serre) et constituent l’habitat de 80% de la biomasse vivante.

Sols de plaine
On détruit constamment des hectares de sols fertiles souvent pour quelques maisons mitant l’espace et aussi pour d’infâmes centres commerciaux jetant des milliers de voitures dans d’infernaux aller-retours polluants.
La Haute-Savoie gâchait encore récemment plus de 700 ha agricoles chaque année ! Sous la pression d’agriculteurs et d’associatifs conscients de la disparition rapide de ces bonnes terres, le rythme s’est ralenti autour de 450 ha perdus annuellement : Conseil Départemental, communes et collectivités diverses via les SCOT (Schéma de COhérence Territoriale) ont ralenti cette destruction.
– Mais sans y mettre fin, à un moment où la question alimentaire mobilise de nombreux citoyens et des associations.
– A un moment où des pays achètent massivement, de manière préventive, des terres agricoles à l’étranger (la Chine, toujours en avance, a acquis en Asie, en Afrique, en France des centaines d’hectares de bonnes terres).
Quelques collectivités (Mouans-Sarthoux, Albi s/Tarn) ont compris qu’il revenait aux centres urbains de préserver les terres agricoles de leur périphérie.

Sols de montagne
Par ailleurs, nous vivons en terre alpine et même les sols de montagne sont menacés : ils subissent une érosion plus forte qu’ailleurs qui a des conséquences générales très importantes.interreg
Ainsi, pour le SAGE de l’Arve, le lien entre la qualité de l’eau et la protection des forêts et boisements d’alpage a été mis en évidence. Notamment grâce au programme Interreg de recherche « ALP’EAU », lancé en novembre 2008, qui avait associé SM3A, ONF, l’Office Fédéral suisse de l’Environnement, plusieurs cantons helvétiques…

Ces recherches nous ont éclairés sur le rôle protecteur de la forêt pour la préservation durable de la ressource en eau potable : voir le site d’Alp’eau

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D’autres enjeux devraient nous mobiliser autour de cette préservation des sols de montagne.
Un milieu qui est étonnamment fragile.

 

J’ai découvert 9 petites vidéos, de 3 à 4 minutes chacune, sur le site suisse de l’Office Fédéral de l’Environnement : le focus est mis sur la réserve de biosphère de Nockeberge (Autriche), la vallée d’Abondance en Haute-Savoie, et la station de ski d’Andermatt (Suisse). Allez les voir !

La couche d’humus est particulièrement fragile en montagne, flore et biodiversité sont menacées par l’évolution des pratiques humaines qu’il nous faudrait maîtriser.
En Suisse, vous pourrez voir dans une des vidéos qu’ils arrivent à remettre des plaques de ‘gazon’ alpin, un véritable travail de jardinage en montagne !
L’invasion des alpages par les buissons d’aulne vert marque également une déprise du pâturage et constitue une menace. L’aulne ou vergne, que je nomme couramment arcosse comme le font nos paysans d’alpage en Savoie, prolifère au détriment de la préservation du milieu.

Fertilité
Enfin, dans plusieurs régions du monde une dégradation considérable de la qualité agricole des sols est enclenchée. C’est le paradoxe de l’agriculture intensive : nourrir l’humanité en détruisant le sol nourricier par des pratiques agressives, ne respectant la biologie des terrains et avec recours constant à des béquilles chimiques d’intrants, pesticides et herbicides. La potentiel de fertilité des sols se dégrade inexorablement. Ce sera un autre sujet.


Land Art : belle exposition à Machilly

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Depuis 6 ans, lors du week-end de l’équinoxe de septembre, le festival « Couleur(s) d’Automne » s’installe autour du Lac de Machilly. Sa thématique veut valoriser le végétal et le vivant. Ce sont des stands, des expositions, un marché aux plantes, des animations et des conférences sur des questions touchant à la Nature.

Et, autour du lac, les organisateurs mettent en scène publique une exposition de LandArt, l’Art de la Terre (cette Pacha Mama, que vénèrent les sud-américains qui ne sont pas complètement monothéistes…).
Si, en Haute-Savoie, la ferme de Chosal est labellisée Pôle Land Art Départemental, le festival de Machilly, une fois de plus, m’a ravi par la qualité des œuvres présentées.

Les artistes conçoivent leur création avec le plus souvent des matériaux de la nature (branches, pierres, sable, rocher…) qu’ils l’enrichissent par des objets artisanaux (ficelles, cordages,…) ou manufacturés (poteaux, câbles, tissus, jouets, etc) et portent un message qui plusieurs fois m’a touché.
Le tout dans un écrin extérieur, de grande qualité entre le ruisseau du Coudray et la rivière du Foron.

Cet Art éphémère, par son accessibilité immédiate (un petit texte présente chaque œuvre) et sa sensibilité écologique est un vecteur de réflexions et d’émotions pour un très large public.
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Le jour du « dépassement »

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Le jour 2014 du dépassement approche.
Vers la mi-août, nous atteindrons la date où l’humanité a épuisé le budget de la nature pour l’année. Pour le reste de l’année, nous allons aggraver notre déficit écologique en puisant dans les stocks de nos ressources et en continuant d’accumuler du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.
Cet indicateur a été créé par un réseau d’associations et de scientifiques, le Global Footprint Network (Réseau de l’empreinte écologique globale) : il mesure ainsi la demande de l’humanité face à l’offre des ressources naturelles et des services écologiques renouvelables.
Et ces données donnent d’autant plus à réfléchir que la date est de plus en plus précoce, année après année.

Ce réseau associatif précise :

« Pendant la majeure partie de l’histoire, l’humanité a utilisé les ressources de la nature pour construire des villes et des routes, pour fournir de la nourriture et créer des produits. La nature arrivait à absorber nos dioxydes de carbone, c’était bien intégré dans "le budget de la Terre ".
Mais au milieu des années 1970, nous avons franchi un seuil critique : la consommation humaine a commencé à dépasser ce que la planète pourrait reproduire. »

Selon les calculs de Global Footprint Network, notre demande de ressources et des services écologiques a, depuis 2008, un rythme moyen équivalent à celui de plus de 1,5 planète Terre.
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Annemasse construit-elle un pigeonnier?

En se promenant vers la rue de Château Rouge, il est loisible de voir un bel hôtel à pigeons.

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– Cela ressemble à un pigeonnier,

– Cela a les les cellules d’un pigeonnier,

– Cela a la fréquentation d’un pigeonnier,

 

Mais c’est autre chose ! (voir la note en bas de page)

 

Annemasse avait envisagé en 2009 d’installer un pigeonnier pour lutter contre un risque d’expansion de la population colombine de notre cité et des nuisances qui en découlent.
Il était même envisagé, à l’instar d’autres villes, ce schéma pro-actif  :
1./ on construit une beau pigeonnier ; 2./ on appâte nos pigeons en divers endroits, en mode Petit Poucet, par d’appétissantes nourritures, créant des cheminements irrésistibles amenant vers le nouveau palais ; 3./ une fois nos pigeons bien installés, on leur amène, matin, midi et soir, de la nourriture super pilulée en contraceptifs ; 4./ nos volatiles, qui croyaient agrandir leur famille, se retrouvent pigeonnés.

Mais, les retours d’expérience montrent que les oiseaux ne s’installent pas tous massivement dans leur demeure colombine. Et qu’en plus, ils ne sont pas forcément sensibles au dosage hormonal ; profitant de leur toute nouvelle nursery, ils y font parfois de belles couvées

La commune d’Annemasse, avant toute action, avait donc consulté une association spécialisée, l’AERHO.
Au terme de l’étude et de la discussion avec la personne qui avait réalisé un diagnostic sur tout notre territoire, il était apparu aux élus que la population colombine y était finalement plutôt stable.
Et à part quelques très rares endroits à aménager pour faire déménager ces oiseaux, cela pouvait bien se passer.
– Quand ils vivent « normalement », les pigeons cherchent leur nourriture et s’auto-régulent en terme de reproduction. Ils peuvent se limiter chaque année à une portée (plutôt deux) de 2 œufs . Sachant que les chats aiment beaucoup les pigeons, que la vie est pleine de dangers 😉  , on ne va pas vers un accroissement colombin.
– Mais s’ils sont nourris et ne doivent plus chercher leurs quignons quotidiens qui leur sont livrés quasi à domicile (Allo ?  Non, mais allo quoi ? Pas de pain sec ?), nos bisets croissent et se multiplient. Ils n’en fichent pas une rame et peuvent alors avoir plusieurs portées dans l’année, allez, mettons 4 pigeonneaux survivants.

Imaginons : Lire la suite

« Des abeilles et des hommes »

J’ai eu un vrai choc intellectuel, et même émotionnel, en regardant ce film de Markus Imhoof (titre en anglais : « More than Honey »).

J’étais certes au premier rang, devant l’écran du Ciné Actuel (salle archi-pleine). Accompagner dans leur vol des abeilles, de la dimension d’un homme, sur un écran tout proche n’est pas sans perturber les représentations …

6a00d8341c676f53ef017ee8a9cc7f970d-800wiMais c’est surtout la remarquable construction du film qui permet de faire un point sur le rôle des abeilles dans notre société.
Pas d’aspect pédagogique laborieux dans ce documentaire exceptionnel, je suis certain que chacune et chacun peut être touché par ce film qui passe de la montagne suisse à la Californie, la Chine et l’Australie.

J’ai apprécié aussi l’illustration de ce qu’il est convenu d’appeler les services écosystémiques en écologie : non seulement la préservation et même l’amélioration de la qualité de l’environnement est bonne philosophiquement, culturellement, esthétiquement, pour les êtres humains. Mais elle a d’abord une fonction économique irremplaçable !  « Bien plus que le miel », le titre anglais, c’est expliquer Lire la suite

Arve

Le SM3A ou SMAAA, Syndicat Mixte d’Aménagement de l’Arve et de ses Abords, prend une importance incontestée en Haute-Savoie.

Le travail engagé par le contrat de rivière depuis 1995, avec les communes riveraines, avec les utilisateurs (pêcheurs, sportifs), avec les riverains (agriculteurs, industriels) a permis de rendre l’eau en bien meilleur état qu’à la fin du XXème siècle.
Il reste beaucoup d’efforts d’améliorations à mener pour que le bon état physique, physiologique et chimique de ce cours d’eau soit atteint mais la belle rivière alpine revient de loin.

Notons que le canton de Genève est aussi associé à ce travail de renaturation : l’Arve fait sa Jonction avec le Rhône à Genève et l’eau de l’Arve est en partie réinjectée dans la nappe souterraine franco-genevoise.

Le SM3A rassemble maintenant aussi le contrat de rivière Giffre-Risse. Et un SAGE, un Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux, est en cours d’élaboration qui demandera plusieurs années pour mener à bien les études nécessaires sur l’ensemble du bassin versant.

Les études menées sont vastes, j’y reviendrai, et touche au rôle de la forêt, à la protection des berges, à la préservation de la biodiversité, à la qualité des eaux pluviales, au contrôle des rejets industriels, à la surveillance des effluents hospitaliers, aux questions d’énergie, aux espaces de détente, etc.

C’est en fait les ressources stratégiques en eau d’une moitié de la Haute-Savoie qui sont en jeu, et bien sûr la qualité de vie dans cette vallée avec ce lien essentiel avec la nature que peut nous apporter l’Arve.

Périmètre d’une des études du SAGE

Parc de Valeury

Voici un petit parc bienvenu à Annemasse, en entretien le plus naturel possible, en liaison avec l’Arve.
Agrémenté d’arbres fruitiers plantés par des élèves de l’école des Hutins, avec l’appui du Syndicat Mixte du Salève et des Croqueurs de Pommes.
Et une installation de cinq ruches où les abeilles se trouvent bien !
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